La correspondante S-O, Hélène Arzano, a rédigé un petit article sympa sur nos nouveaux boulangers. Pour ceux qui ne lisent pas le journal, vous pourrez  trouver ci-après cet article paru ce jour.

 

Une boulangerie et le village revit

Boulanger

 

L'amour du métier, une réalité pour le nouveau boulanger

Patrick Jurado a été apprenti puis ouvrier boulanger de 16 à 28 ans. Mais salaire bas et conditions difficiles l'amènent à se recycler dans la ferronnerie, à Salles. Entre-temps, il s'est marié avec Christelle, conseillère financière en téléphonie. Une petite fille est née, voilà trois ans. Tout va bien ? Oui mais… Patrick garde au fond de lui un désir, une nostalgie : faire du pain, mais à son compte.

Il cherche, et au printemps dernier, il apprend qu'un fonds de commerce est à la vente à Lugos. L'aventure commence. Le saut vers une nouvelle vie, car Christelle lâche aussi son activité pour se consacrer avec son mari à la boulangerie. Elle assure l'accueil et l'administratif, son père fait les livraisons quatre fois par semaine.

Le bon goût du pain

Depuis septembre, les Lugosiens réapprennent le goût du pain chaud matin et soir. Ils retrouvent un commerce avec des horaires « normaux »… Pain de maïs, aux céréales, biologique et le fameux pain du chef en boule ou en baguette, ils en redemandent !

Faut dire « qu'il est bon, mon pain ! », affirme fièrement Patrick. Et on sent combien il est heureux d'avoir retrouvé l'atmosphère feutrée d'un fournil, le sien, où les sacs de farine s'entassent dans un coin. Un pétrin ancestral fournit une belle pâte élastique qui passe dans une diviseuse pour donner les pâtons déposés à la main dans chaque alvéole de la balancelle. La boule tombe dans la façonneuse où elle se transforme en longs fuseaux que le boulanger va déposer délicatement les uns à côté des autres, sur une pièce de tissu de lin, toute neuve, dans des plateaux superposés.

C'est magique

Et là, la magie va opérer, c'est la « poussée/bloquée » de la future baguette : dès que « c'est vert », au bout d'une heure, l'ensemble va être mis dans des armoires réfrigérées à 4°. Il est 11 heures du matin. Plus rien jusqu'au lendemain, 5 heures, où la première fournée est lancée, pour 40 minutes de cuisson.

Peu de boulangers travaillent encore à l'ancienne comme Patrick. Le matériel est un peu vétuste. Si le premier bilan annuel est satisfaisant, les banquiers suivront, le jeune couple pourra investir dans du nouveau matériel, prendre un apprenti.

« L'essentiel sera toujours de faire de la qualité », affirment-ils, c'est ça l'amour du métier de nos artisans. Les habitants de Lugos, et d'ailleurs, l'ont bien compris qui viennent de plus en plus nombreux chercher pain, mais aussi, tartelettes, choux à la chantilly, pizzas ou même sandwiches.

Hélène Arzeno

 

PS: Il semble que le "bouche à oreilles" ait bien fonctionné dans la commune et que les affaires vont au mieux pour cette sympatique famille surtout le dimanche; en semaine, les Lugosiens actifs ont tendance à acheter leur pain pendant leur trajet. Pour les lugosiens qui ne sont pas au régime, je conseille la patisserie dominicale qui est délicieuse...L'ouverture de l'après-midi est une très bonne initiative.